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Coaching scolaire : Amuse-toi pendant les examens !

complément du nom

 

Sa maman m’amène Valentine (13 ans) pour du coaching scolaire.
Et quand je dis « m’amène », c’est vraiment le cas : d’après la position du corps, le regard, la marche, je constate très vite que Valentine préfèrerait être ailleurs que dans mon cabinet.
Imaginez-vous juste un ado qui n’a pas envie…

Pendant les 2 premières heures, comme d’habitude, nous nous asseyons confortablement dans des fauteuils et regardons une projection sur grand écran, entrecoupée d’expériences et de jeux, destinés à faire comprendre comment l’apprentissage se met en place.
Valentine réagit de manière assez amorphe et même l’expérience du voyage scolaire la laisse complètement « froide » alors que d’habitude, c’est l’expérience la plus percutante, et celle qui fait adhérer les étudiants aux cartes.

Hier, je la revoyais pour la seconde et dernière séance.
Dès que j’ouvre la porte, je me dis « oh non, qu’est-ce que je vais faire avec elle ! »
Sa maman me dit qu’elle dit ne pas du tout être convaincue, que ça ne l’aide pas à étudier et qu’elle perd son temps à faire les cartes.
Je lui rappelle l’expérience du voyage scolaire avec les infos qu’elle avait retenu…sans étudier. Mais vraisemblablement, ça ne la convainc pas.
Je propose même d’arrêter les frais là : je n’ai jamais vu cela, mais peut-être que finalement, le mind mapping n’est pas bon pour tout le monde.
Heureusement, sa maman impose la séance puisque c’est la dernière et qu’elle ne dure que 2 heures.

Me voilà donc seule avec Valentine, dans une situation que je n’ai jamais rencontrée…
Elle me montre la carte que je lui ai demandé de faire entre les 2 séances, qui est des plus légère : un centre et 5 branches principales.
Quoique plus tentée par les cartes manuscrites (et pas du tout intéressée par l’ordinateur), je lui propose d’essayer le logiciel Xmind.
Bien m’en a pris, car au fur et à mesure que sa carte « complément du nom » se complétait et qu’on ajoutait des couleurs, au plus Valentine laissait voir sa joie : « waw c’est beau les couleurs, j’aime bien »
Et dès que j’ai imprimé la feuille, elle l’a mise toute contente dans une chemise afin de la protéger.

Ensuite nous avons commencé sa bête noire : le vocabulaire de néerlandais.
Après lui avoir montré une carte réalisée précédemment, nous avons réalisé celle-ci :

néerlandais

Vous remarquerez que le layout est le même que la carte précédente (forme des branches, des sujets principaux et secondaires, épaisseur des branches…). Je lui fais remarquer qu’elle a trouvé son style et que ça va déjà beaucoup plus vite. il est important de relever que pour l’instant elle est en apprentissage sur 2 plans, et que donc elle cumule les difficultés : le mind mapping et le logiciel.

La technique utilisée pour « zien » est moi pour moi la meilleure, mais pas toujours réalisable : choisir un visuel qui représente le mot et le combiner à la graphie du mot néerlandais. Ici, on a construit un bonhomme avec le Z, ce qui était assez pour que Valentine retrouve tout le mot. Je propose toujours le choix du mot mis sur la branche principale (français ou néerlandais ?). Et je remarque qu’à chaque fois, même si le premier choix est de mettre le néerlandais en branche principale, l’apprenant le change à un moment pour le mettre derrière. Valentine est très active et décide elle-même du format de chaque chose (grandeur des yeux, du Z etc…). En recherchant sur internet, elle dit même « C’est amusant ! »

Pour « lire », je lui demande : « C’est quoi pour toi apprendre ? « C’est comme lire », « Ok, recherche une image de quelqu’un qui lit ». « Ooh, celui-là, il est super, je l’adore, je vais le mettre dans ma chambre ». « Est-ce que le bonhomme qui lit sera suffisant pour que tu te rappelles « leren » ? « Oui » 

Et quelle ne fût pas ma surprise et ma joie hier soir de recevoir un mail de sa part avec une carte en pièce jointe : 

 poesie1

 

J’étais très étonnée, car c’est la première fois que je rencontre un apprenant qui ne « mord » pas au mind mapping après les 2 premières heures de formation.
Que s’est-il passé ?
Le mind mapping ne serait-il pas bon pour tout le monde comme je le crois et comme je le vérifie depuis des années que je travaille avec des enfants en difficultés scolaires ?
Ma manière de l’amener aux cartes ne lui convient pas ?
Était-elle en opposition face à la décision de sa maman de venir me voir ?
En opposition par rapport à tout ce que j’aurai pu lui proposer ?

Et qu’est-ce qui l’a fait basculer ?
Son comportement a changé lorsqu’on a mis des couleurs et qu’on s’est appliqué à décorer la carte : avec hésitations et minutie, elle a choisi les couleurs des branches, du fond, les épaisseurs des traits, la forme des sujets, ainsi que les visuels.
Elle a fait également une remarque en regardant sa carte comme quoi finalement, il n’y avait pas beaucoup à étudier.
Est-ce les couleurs ?
L’amusement d’aller sur internet et de rechercher des images qui lui parlent ?
Le fait de décider elle même comment représenter et s’approprier les choses ?

En tout cas, il est clair que le logiciel, avec la facilité de changer, déplacer, essayer et recommencer, est venu à ma rescousse et à finalement permit de clôturer la séance sur de la joie, avec atteinte de ses objectifs.

Alors, Valentine, merci pour cette expérience et amuse-toi pendant les examens !

PS : la maman de Valentine  m’a précisé ultérieurement que Valentine semble avoir mordu et est toujours méfiante face à l’inconnu.
Ce qui me conforte dans ce que je ressens et observe : le mind mapping s’adapte au fonctionnement de tous les cerveaux et l’adhésion aux cartes serait alors uniquement conditionnée par la capacité à faire passer la méthode. Le problème à la non adhésion n’étant pas l’apprenant mais bien le prof.
Peur de l’inconnu, changement d’habitude, confiance en soi, croyances, l’image de vous que renvoie la carte etc… sont des freins qu’il faut impérativement travailler en formation.
L’outil informatique tel que Xmind peut aider car le logiciel est facile d’utilisation, et produit un résultat propre et modifiable.
De même que le multimédia, sans être une fin en soi, est un outil qui aide à amorcer l’apprentissage.

 

 

 

 

 

 

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