Ce sont les mots de Véronique de Viron, une des 3 personnalités de l’équipe de l’Atelier de Création Graphique, au lendemain de la formation sur le mind mapping de ce week-end.
Il faut dire que régulièrement, des participants m’envoient ce genre de retour, assez pour me questionner sur ce qui provoque un tel sentiment.

Le centre d’une carte mind mapping prend ici toute son importance et supplante bien largement les cartes conceptuelles, qui ne possèdent pas de centre. Car il permet de nous recentrer, exactement comme le fait un mandala. Mon expérience et le partage d’expérience avec d’autres utilisateurs ont mis en évidence que le centre d’une carte agit comme un catalyseur à 2 niveaux. D’abord pour  le projet proprement dit : en le formalisant au centre d’une carte, il va permettre de condenser notre intention, intervention et action autour de celui-ci. Ensuite, par un effet de centrage, l’attention se portera tout naturellement sur nous.  Car la personne la plus importante au monde c’est nous même. Et ce projet va s’articuler dans notre vie et va prendre sens et se mettre en relation avec les autres projets que nous menons et ce que nous sommes. C’est comme si finalement, nous nous mettions au centre de la carte, au centre de nos projets et de notre vie. Nous devenons alors acteurs de notre vie et de nos choix. Nos projets « tournent » autour de nous et nous sommes le chef d’orchestre.

La vision globale de l’ensemble de la carte permet également d’articuler les différentes branches avec ce que nous sommes (ou voulons être) afin d’obtenir une cohérence. Avec une carte, tous les éléments se mettent en relation les uns avec les autres, ce qui amène une unicité, ainsi qu’une visualisation simplifiée de la complexité. Un rapide coup d’oeil permet d’identifier les éléments principaux et de garder le cap. De plus, avec la carte, il est aisé de choisir la vue macro ou micro : choisir une branche et se déplacer vers l’extérieur permet de zoomer fin d’obtenir les détails. On se déplace littéralement sur la carte et on entre en contact avec les différentes branches et sous-branches.

Les coachs sportifs le savent, la création d’images mentales et la visualisation augmentent les performances. C’est ainsi qu’ils conseillent aux athlètes de la pratiquer afin d’améliorer leurs prestations. Il s’agit de répéter dans sa tête une action ou un mouvement, sans bouger son corps. Car notre cerveau ne fait pas la différence entre un geste réalisé physiquement et le même geste réalisé mentalement. Il lui suffit d’imaginer le mouvement pour entretenir les connexions entre les cellules nerveuses. Ce sont les neurones miroirs qui sont en action, aussi bien lorsqu’un individu (humain ou animal) exécute une action que lorsqu’il observe un autre individu exécuter la même action, ou même lorsqu’il imagine une telle action, d’où le terme miroir. L’amélioration des résultats serait ainsi de 30 %, grimpant jusqu’à 45 % si on ajoute des mouvements lors de la visualisation*.

La visualisation créatrice, qui peut être discuté, car non vérifiée scientifiquement, va plus loin, car elle permettrait de réaliser nos désirs en incluant l’apport des émotions. Il s’agit de croire que vous méritez vraiment ce que vous visualisez et désirez et de ressentir toutes les émotions comme si vous l’aviez. La combinaison entre passion, conviction, croyance et émotion serait le secret.
Or dans une carte, il est conseillé d’insérer des émotions. Nous vivons alors notre carte avec la dimension des émotions, sachant de plus qu’une carte de résolution de problème doit toujours être formalisée en termes en positifs.

Pour Alain Berthoz, les émotions provoqueraient l’action, le noyau accumbens jouant un rôle d’interface entre les émotions et l’action.
La visualisation elle-même est créatrice d’action, car la vision « rapproche les choses, se les approprie; elle précède même l’action, l’anticipe. L’oeil fixe et touche virtuellement les objets éloignés, les saisit du regard et les met sous bonne garde en les assimilant au corps prêt à l’action » ** (Merleau-Ponty 1992).

Pour toutes ces raisons, il est effectivement logique qu’avec le mind mapping, nous soyons acteurs de notre vie et de ses choix.

 

 

Biblio/Sitographie :

*http://www.behavioralandbrainfunctions.com/content/pdf/1744-9081-9-8.pdf
**Manuel de psychologie des handicaps : sémiologie et principes de remédiation Jean-Adolphe Rondal