Beaucoup sont encore convaincus que le mind mapping ne peut servir que pour les « grands ». Ces fausses croyances limitent le développement personnel de l’individu. Aujourd’hui, nous savons tous que les jeux éducatifs stimulent l’éveil des petits, nous comprenons que même au berceau, le bébé apprend à distinguer couleurs, mouvements et à trouver ainsi sa place dans l’espace. Les cartes obéissent au même principe. Elles vont stimuler le cerveau de l’enfant (pas du bébé bien sûr !), développer son attention, favoriser sa capacité de mémorisation, sa créativité, son sens de l’organisation…

Le cerveau d’un enfant est une éponge prête à absorber tout ce qui lui est présenté, bien ou mal, car il n’a pas la possibilité de faire le choix. Il reçoit donc passivement. Raison pour laquelle il est fondamental de faire très attention à ce que nous proposons à nos enfants et à tout ce à quoi ils ont accès sans une attention spécifique de notre part.

Nous savons qu’un enfant qui apprend plusieurs langues dès son plus jeune âge les parlera très vite couramment. Pendant un certain temps, on a cru que le fait de communiquer dans des idiomes différents risquait de ralentir le développement, retarder l’usage de la parole etc. Il n’en est rien. La gymnastique mentale à laquelle est soumis un cerveau, correctement stimulé, lui permet d’activer plus rapidement des ressources dont nous ignorons encore tout le potentiel. Il ne s’agit pas naturellement d’exagérer et de vouloir transformer un enfant en un ordinateur vivant. L’enfant a besoin de jouer, de se détendre, de s’exprimer, d’être respecté, de tester ses limites… L’enfant, comme chacun de nous, a besoin de se sentir aimé et de pouvoir aimer.

Revenons à nos cartes mentales. Selon l’âge de l’enfant, nous pouvons donner la priorité aux dessins, aux collages ou aux mots, ou encore à l’association de ces moyens d’expression.

Nous allons prendre un exemple afin d’aider une petite fille à structurer une journée ordinaire. Posons-nous d’abord la question suivante : quel but recherchons-nous ?

1. Faire en sorte qu’elle acquière une vision globale de sa journée et non fragmentaire,
2. qu’elle visualise les tâches qui lui incombent et les personnes qui y sont reliées,
3. qu’elle identifie les éléments principaux de sa journée,
4. qu’elle définisse ses responsabilités durant cette journée,
5. qu’elle indique ses intérêts personnels,
6. qu’elle reconnaisse ses engagements, toujours pour la journée considérée.

L’élaboration de la carte doit devenir un jeu, piquer sa curiosité, éveiller sa créativité, aiguiser sa participation directe.

Au centre, nous mettons une photo d’elle. Cela stimule son ego qui a besoin en cette période de l’évolution de se construire.

Puis nous dessinons des flèches qui correspondent aux principaux centres de sa vie. Il n’en faut pas trop pour ne pas créer de confusion.
Dans ce cas présent, en partant de la petite fille nous avons identifié:

  • la maison (la famille),
  • les activités ludiques,
  • son rapport avec l’animal de compagnie (le chat),
  • l’école,
  • ses activités sportives ou artistiques (la danse).

Pour chaque item identifié, nous pouvons écrire le mot, faire un dessin, ou mettre une photo qui illustre le sujet.

Puis à partir de chaque thème, partent d’autres flèches avec des ramifications qui sont autant d’associations d’idées que la petite fille en identifie. Le chapitre « maison » lui fait penser à sa « grand-mère » dont c’est « l’anniversaire » et elle va associer le désir de faire un « cadeau » qu’elle semble vouloir préparer avec son « Papy ».

Mitzy, le « chat » donne lieu à l’envie d’acheter un « jouet» pour amuser l’animal, puis survient un sens d’implication dans la vie de son chat « rappeler à la maman de changer son collier à puces » et « le porter chez le vétérinaire pour les vaccinations ».

L’idée vient de l’enfant, elle est transcrite, visualisée sur la carte. Ce processus permettra à la petite fille de développer chaque fois plus son sens de responsabilité non seulement envers le chat, mais probablement dans d’autres secteurs de sa vie courante. Une habitude prise très jeune qui l’aidera à créer son autonomie, à avoir confiance en elle, à se sentir importante et utile pour les autres. Vous rappelez-vous de notre ami le Petit Prince quand il dit avec un grand sérieux : « Je suis responsable de ma rose » ?

Vous voyez ensuite les associations d’idées et d’actions que la petite fille construit autour des deux autres grandes sections de sa journée : « l’école » et la « danse ». C’est elle qui détermine les aspects qui sont pour elle les plus importants. Pour vous, la leçon de calcul est peut-être plus significative que le cours de dessin, mais attention, si vous êtes toujours libre de suggérer à l’enfant un sujet qui n’est pas pour le moment représenté sur la carte mentale en cours de réalisation, il faut vous souvenir que ce n’est pas un agenda scolaire que vous remplissez, ni son emploi du temps détaillé ! L’enfant est en train d’apprendre, avec vous, à gérer son temps, à s’organiser, à se rappeler sans contrainte, à se sentir responsable. Je vous laisse analyser les autres points représentés sur sa carte. Les couleurs, les dessins, les symboles… renforcent le contenu et traduisent l’émotion qui s’y rattache.

De la même façon les cartes pourront être utilisées pour comprendre et apprendre une leçon. Il est bien plus facile de mémoriser les filiations des rois, leurs alliances, leurs batailles, les dates de leurs victoires ou de leurs échecs grâce à une visualisation, d’un seul coup d’œil, sur une carte que de tenter de mettre dans les cases du cerveau toutes ces notions souvent abstraites et arides.

Aujourd’hui le mind mapping existe. Utilisons-le. Étudier des notions, utiles mais parfois ennuyeuses ou difficiles, n’est plus à concevoir comme un devoir rébarbatif mais comme un jeu, un défi à notre créativité que l’on fait dans la bonne humeur et qui se fixe facilement dans la mémoire. De nombreux instituts scolaires l’utilisent avec d’excellents résultats.

 

Merci Amanda Castello pour ce superbe exemple d’utilisation des cartes.